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 Cosmos ◭ Theodore

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ϟ parchemins : 87 ϟ Gallions : 161 ϟ Âge : 17 ans ϟ Baguette : Bois d'acacia et coeur de dragon ϟ Sang : Mêlé ϟ Année d'étude : Septième année
Préfet Poufsouffle • Septième année ─
MessageSujet: Cosmos ◭ Theodore   Dim 26 Avr - 20:26

Il y avait peu de moyens de faire en sorte que Tove Winch soit parfaitement silencieux. C'était plus fort que lui, il fallait toujours qu'il parle. Qu'il rajoute des tartines d'anecdotes, qu'il se lamente ou qu'il invente, ou qu'il marmonne tout seul des formules en lisant ses cours,Tove ne laissait aucun répit au silence. Pour que le Poufsouffle ferme définitivement sa bouche, pas trop de solutions : on pouvait le bâillonner, ou alors le foutre devant un télescope.

Tove était sur la tour d'astronomie, ce soir là, non pas pour remplir un devoir ou faire une énième carte du ciel, mais bien juste pour regarder les étoiles. C'était un de ces soirs sans nuages qui peuvent faire tout faire oublier. Les vrais problèmes, et les faux. L'angoisse qui s'empile en même temps que les devoirs. Pouf, oubliée l'espace d'un battement de cil.
Complètement absorbé dans le silence, il était perché dangereusement sur le rebord d'un des balcons, avec des mètres de vide sous ses pieds et des constellations au dessus de la tête. Et ça lui suffisait. Il respirait. Le placement stratégique de la tour, la plus haute du château, rendait visible le moindre point de lumière, et les pupilles de Tove papillonnaient, passaient de l'un à l'autre comme si il les connaissait par cœur.
Peut-être qu'au fond, les étoiles, c'était ses meilleures amies, non ? Au moins elles, il les appelait par leur prénom.

Il avait un sourire un peu trop sincère accroché sur la figure : un peu idiot, un peu heureux. Même pas fané par le bruit de pas derrière lui, trop ailleurs pour seulement les écouter.
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Serpentard • Cinquième année ─
MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Dim 26 Avr - 23:55

Il fut un temps, Theodore était d'un naturel presque jovial. Disons qu'il fut un temps où il savait sourire. De ses doigts, il gouachait son visage d'un trait de rouge, tremblant, pour étirer ses joues en un rictus qui se voulait presque heureux. De la brume nostalgique qui souvent l'entourait, il faisait une petite boule qu'il cachait en lui même pour jouer, les jours d'ennui. Il était presque devenu doué pour le bonheur.

Aujourd'hui, il est doué pour faire semblant.

Faire semblant de beaucoup de chose. Faire semblant d'écouter, de s'intéresser, de vouloir vivre en autre chose que dans le cocon en mélancolie trempée qu'il s'est construit, un cocon moulé dans la tendresse de sa mère et la violence de son père. Il sait faire semblant pour tout ce qui a un tant soit peu d'importance, finalement, tout ce que les traditions qu'il croit ancrées dans sa peau, ses veines, ses tripes, lui demandent de faire. Mais il ne prend même plus la peine de faire semblant de sourire. Il n'y trouve pas le début d'une esquisse d'intérêt.

Il ne trouve plus d'intérêt à grand chose d'autre que ce qui lui permet d'oublier un peu qu'il est un corps, un corps vivant emprunt de sentiments qu'il ne souhaiterait que régurgiter, fouler au pied. Il ne trouve d'intérêt que dans ce qui a à voir avec son esprit, avec sa pensée. Ce qui est capable de le tenir occupé assez longtemps, de manière assez intense pour s'oublier lui-même. Ce genre-là même de choses pour lesquelles il n'est obligé de faire semblant de rien s'il s'y plonge sincèrement, se renfermant dans un hermétisme dissociant le vrai monde et celui qu'il tente désespérément de créer en lui-même. Et toutes ces connaissances pour en bâtir les fondations.

Et quelles plus belles bases, pour un monde imaginaire, que des ébauches d'étoiles ? Theodore aime l'astronomie. Il y a beaucoup de choses, sincèrement attachées à un passé qu'il veut juger médiocre, dont il s'est débarrassé immédiatement, sans éprouver, dit-il, le moindre malaise. Un balai de Quidditch, une paire de chaussettes jaune, et cette entêtante odeur de vanille qui, sans qu'il ne s'en rende compte avant que cela ne lui donne des hauts-le-cœur, tendait alors à s'accrocher un peu trop durement à lui. Mais l'astronomie, il n'en a pas eu la force. Theodore n'est pas un garçon avec une grande volonté, une grande force d'âme. Il est plus douée pour se laisser porter sur la vague de ses désirs enfouis.

Il monte les escaliers, silencieusement. Fantôme de lui-même, ombre de son ombre, comme disait l'autre. Il veut ce ciel qui ne lui manque que trop quand il ne s'y plonge pas tout à fait. Quelques marches encore, et il pourra être astronaute, ou tout comme (doux rêve enfantin qu'il cultive encore). Pousser la porte et faire grincer le bois. Sentir l'air frais sur le visage.

Et cette délicate odeur de vanille.

Bien sûr, il aurait sûrement fallu s'en douter. L'amour des étoiles n'est pas venu de nulle-part. Il est la seule chose qui est restée, comme une photo en noir et blanc, cornée et déchirée, de l'être qu'on a aimé et qui nous a trahi. On voudrait la jeter, la déchirer, la brûler, mais finalement, au dernier moment, on se reprend. On n'ose pas, et on n'osera jamais. « Qu'est-ce que tu fais là, Winch ? » Les étoiles ont un arrière-goût amer, pour Theodore, ce soir.
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ϟ parchemins : 87 ϟ Gallions : 161 ϟ Âge : 17 ans ϟ Baguette : Bois d'acacia et coeur de dragon ϟ Sang : Mêlé ϟ Année d'étude : Septième année
Préfet Poufsouffle • Septième année ─
MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Lun 27 Avr - 11:24

Il y a bien eu un temps où Tove aimait Theodore Nott.
Oui, aimait, et avec un grand A, s'il vous plait. Tove n'a jamais eu peur d'utiliser ce mot là.  Tove aime beaucoup de choses. Tove aime Jules, et puis il aime Bill, et il aime Hippolyte. Il aime le Quidditch, il aime dormir avec des chaussettes, il aime l'astronomie, et chanter et danser comme un idiot avec ses frères et sœurs. L'amour, Tove en aime jusqu'au concept. Quand il sort avec quelqu'un, Tove dit toujours je t'aime. Quoi de plus simple, qu'un je t'aime ?

Quand il se retourne pour se retrouver en face du visage dégoûté de Nott, il est à peu près sûr qu'il ne l'aime pas. Il y a des trucs qui ne s'oublient pas. Des mots qui brûlent la peau aussi sûrement que le cœur, et qui durent bien plus que si Theodore avait tout simplement décidé de lui planter un couteau dans le bide. Bien sûr que Tove ne le montre pas. Si il y a bien un truc pour lequel il est doué, c'est plaquer le moins sincère des sourires sur son visage et se promener comme si rien ne pouvait l'atteindre. Et ce qu'il fait, là, tout de suite, devant le Serpentard. Il sourit, lui lance même un petit signe de la main, tandis que l'autre lui demande, l'air mécontent, ce qu'il fait là.

« Je sais pas, de quoi ça a l'air ? »

Il n'a honnêtement jamais vu clair dans le jeu de Theodore. Jamais su interpréter les regards, les signes, les mouvements de reculs plus brusques que nécessaire. Jamais su comprendre les insultes crachées du jour au lendemain. Pourtant Tove se pense douer pour décrypter les gens. Mais pas Theo, non.
Alors il sourit, enclenche sans bien savoir pourquoi le charme maximum, comme si il se nourrissait du malaise de l'autre. Et c'est des regards brûlants par dessous les cils, la voix douce et les sourires qui creusent des fossettes, quand Tove saute souplement du rebord pour s'approcher du Serpentard.

« T'es venu regarder les étoiles avec moi, Theodore Nott ? C'est plutôt romantique, tu ne trouves pas ? »

Et il tend une main pour remettre en place une mèche des cheveux de Teddy, se rétractant assez vite pour qu'il n'aie pas le temps de réagir, avant de reculer, avec un petit rire.


Dernière édition par Tove A. Winch le Sam 2 Mai - 10:31, édité 1 fois
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Serpentard • Cinquième année ─
MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Lun 27 Avr - 21:33

Et cette délicate odeur de vanille.

Il est des chose qu'on ne sait oublier. On peut faire tous les plus beaux efforts du monde, y mettre du cœur, un peu d'espoir même, et beaucoup de volonté, les souvenirs restent désespérément accrochés à une mémoire qui ne sait que trop se laisser faire. Theodore est quelqu'un qui fait attention aux détails pour les oublier aussi vite, à l'habitude. Parce qu'un détail n'a pas d'importance, et que Theodore n'a d'intérêt que pour ce qui a de l'importance. Alors quoi ? S'agit-il là d'une exception incompréhensible, ou bien cette odeur de vanille a-t-elle de l'importance ? Theodore ne répond pas, ne veut pas répondre, à cette question.

Ainsi se retrouve-t-il un soir en haut de la plus haute tour de Poudlard à se tordre le visage d'une grimace de dégoût qu'il feint avec une conviction qui le persuade lui-même. Quel talent, pour se voiler la face. Le ridicule de la situation lui brûle les yeux, et il préfère cette douleur plutôt que d'admettre cette étrange et doucereuse chaleur au creux des reins.

Quand Tove répond à sa question, Theodore n'ose pas lui dire que non. Que ce n'est pas la réponse qu'il attendait, qu'il a dévié le sens de sa question. Il n'ose pas lui dire, parce qu'il a peur lui-même du sens de cette question. Theodore n'est pas idiot. Theodore sait très bien que Tove regarde les étoiles. Il l'a toujours vu regarder des étoiles, même la tête baissée. C'est juste que... Quand il a poussé la porte, Theodore a eu un peu peur. Qu'est-ce que tu fais là, Tove, les pieds dans le vide. Prends garde, tu pourrais tomber. Je ne veux pas que tu tombes. C'est cela, que Theodore voulait dire, très exactement. Il ne l'a pas dit.

La gorge se serre quand Tove se lève, quand Tove s'approche. Quand Tove parle trop près, bien trop près de lui pour qu'il n'ait pas envie de pleurer. Cette méprisante proximité. Il la mérite bien sûr, il n sait plus vraiment le nier. Mais elle lui fait mal. Il se fait mal à lui-même à ne pas oser cracher quelques mots, coincés dans sa gorge, qui l'étoufferont un jour. Romantique. Theodore voudrait rire et pleurer en même temps. Mais Theodore est trop triste pour rire ou pour pleurer. Et cette main contre sa joue. Il tremble, un instant, veut se reculer, veut rompre ce contact qui lui électrise la peau. N'esquisse pas le moindre mouvement. Il y a les beaux parleurs, Theodore, lui, est un beau penseur.

Il veut croire que sa vie est un poème. C'est tout au mieux le spleen d'un faux poète maudit. Un truc raté qui fait sourire, un sourire de pitié, ou quelque chose comme ça. Et il ne se rend compte de rien. On est souvent le dernier à se rendre compte qu'on est un raté.

Dans le fond, Theodore, c'est certainement un môme un peu trop tendre. De ces enfants qui passent leur nuit à pleurer parce que dans le noir, ils se rendent compte plus fort encore que dans le jour à quel point maman leur manque. Mais à ces mômes on a trop de fois dit que les petits garçons ne pleurent pas, alors ils enferment tout à l'intérieur. Et la tristesse est la tourbe dont naît un monstre, un monstre que l'on appelle la haine.

« Garde tes déviances maladives pour toi, s'il te plaît, je t'ai déjà dit que je ne voulais plus avoir à faire avec toi. » Mensonge, Theodore, mensonge. Il voudrait tout autre chose. « Maintenant, si tu pouvais te taire, je t'en prie. Je dois déjà supporter ton insupportable odeur de... »

Il s'interrompt. Et il sait déjà qu'il n'aurait pas dû s'interrompre. Il sait qu'il n'aurait rien dû dire. Foutue Poufsouffle qui le fait trop parler, lui, le fantôme muet. Quel être normal et sensé porte une réelle attention à l'odeur de quelqu'un qu'il exècre, très franchement ? Encore, cela aurait pu passer inaperçu, s'il avait été au bout de sa phrase. mais il s'est interrompu. Il s'est vendu, bêtement, comme se vendent les faibles qui n'ont plus la force de se battre.

Finalement, même de mentir, il n'en a plus la force. C'est tout ce qu'il savait encore faire. Alors Theodore fait silence. C'est encore ce qu'il y a de plus simple.
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ϟ parchemins : 87 ϟ Gallions : 161 ϟ Âge : 17 ans ϟ Baguette : Bois d'acacia et coeur de dragon ϟ Sang : Mêlé ϟ Année d'étude : Septième année
Préfet Poufsouffle • Septième année ─
MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Lun 27 Avr - 22:41

Il a parfois l'impression de danser.
C'est une danse, oui : un pas en arrière, un pas en avant. Suis moi, je te fuis, fuis moi je te suis, et l'inverse. C'est Tove qui avance, et Theodore qui recule, et ça recommence, c'est rythmé. Ça ne se finit que quand le Serpentard, dos au mur, explose.

Le sourire de Tove vacille, comme une flamme sur laquelle on souffle. Une odeur de quoi ? Vas-y, Teddy, finis la, ta putain de phrase. Crache ton venin, il n'attend que ça. Dès la seconde où t'es entré sur ce balcon, il se prépare aux insultes, aux remarques et aux regards. C'est à croire qu'il les cherche. A s'approcher aussi près, à jouer avec le feu. Il le fait exprès. Ça ne rend pas les choses plus agréables. Ça ne diminue pas l'impression de se prendre un coup de point dans le ventre à chacune des phrases de Theodore.
C'est curieux, pas vrai, à quel point ce genre de remarques peut le faire se sentir mal. Pauvre Tove, qui passe futilement, tant d'heures à être parfait. Tant d'acharnement à être présentable, à se coiffer et rajuster ses vêtements, couvrir les cercles noirs sous ses yeux, eux même causés par cette sale rage de réussir. Tout ça mis en pièces par deux petits mots.

Mais c'est ça aussi, l'acharnement. Assez d’entraînement pour ne pas perdre pied, pour garder un sourire si solidement ancré sur les lèvres. Un sourire de circonstance, un sourire innocent, qui pourrait passer pour sincère si on y regarde pas de trop près. Theodore lui, ne sourit jamais. C'est peut-être pour ça que face à Tove, il perd.

« Maladives ? Mais je suis pas malade, Theodore Nott. C'est toi, qui l'es. Regarde toi, tu ne veux plus avoir affaire à moi, mais t'es là. Et moi aussi. Ça m'a l'air raté. »

Et il rit, encore. Un petit rire trop léger qui s'envole comme un tintement de grelot. Il se demande vaguement ce qui ne va pas, chez eux. Ce qu'ils auraient pu faire pour que ça se passe autrement. Peut-être que c'est impossible, d'échapper à son destin. Tove, le destin, il l'emmerde.

« Mais t'as raison, en vrai. C'est bien mieux, le silence. Y en avait, du silence, avant que t'arrives. »

C'était si bien, Teddy, avant que t'arrives, il voudrait dire.
Et le voilà qu'il se retourne après un nouveau rire, un clin d’œil appuyé au Serpentard, vers l'autre bout du balcon, vers le grand air. Quelques secondes de répit, pour calmer les battements de son cœur. Stupide petit cœur, si rapide à s'attacher, se détacher, se casser et se recoller. Stupide petit cœur élastique. Tove respire. Il cherche une étoile.

« Dis, Theodore Nott, c'est quoi ton signe astrologique ? »

Il ne regarde même pas Theodore. Ce n'est pas drôle, de regarder Theodore. Y a pas d'étoiles qui se reflètent dans ses yeux.
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Serpentard • Cinquième année ─
MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Mar 28 Avr - 1:22



Theodore est silencieux. Theodore est immobile. Peut-être même qu'un instant, il en oublie de trembler. Quand Theodore est méchant, ça sonne faux à ses oreilles. Il aimerait bien, parfois, que ça sonne faux aussi à celles des autres, comme ça, il ne se sentirait plus obligé d'être méchant. Il n'aime pas vraiment ça. Ça ne lui apporte rien d'autre qu'un creux terrible dans la poitrine, juste sous sa main, là. Juste au niveau du cœur. Ses poumons se serrent, il a du mal à respirer. Il a besoin d'une cigarette. Une cigarette, ça excuse le silence.

Pourtant, Theodore, il voudrait hurler. Hurler sa haine, celle qu'il ressent à son propre égard. Hurler des choses immenses, bien plus grandes que lui, par lesquelles il se sent surpassé. Il voudrait hurler cette ombre gigantesque qui le rend ridiculement minuscule. Hurler cette attirance dont il ne veut pas, cette excitation qui le fait vomir. Hurler tout cela au monde entier, ou bien, au moins, se le chuchoter à l'oreille.

Penser à s'admettre, aussi, un jour, que la vanille est sans doute l'odeur la plus douce du monde.

Et il y a ce mot, qui fait échos. Raté. Ce mot qui le transperce comme une lame impérieuse, violente qui voudrait déchirer son corps. Le laver de ses impuretés. Le laver de ces flash d'hommes qui se gravent sur sa rétine, quand, dans le noir de ses nuits trop sombres, sa propre main effleure son propre corps. Le laver de ces songes dont il ne veut pas, et ne plus se noyer dans cette honte que les baldaquins de son lit renferment. Le laver de ces pensées inopinées, pour Tove, qui parfois le prennent sans qu'il ne sache trop pourquoi. Le laver de ce qu'il exècre.

Il y a le rire de Tove, et le silence, brisé seulement par les étoiles qui pleurent trop fort, ce soir, pour n'avoir pas quelque chose à dire.

Theodore lève les yeux au ciel. Il veut se persuader que s'il les contemple assez longtemps, il parviendra à en voler quelques unes pour les ranger dans son cœur, pour rallumer la lumière à l'intérieur, et faire taire cette sourde indifférence qui lui enserre les tripes depuis trop longtemps déjà. Mais les étoiles sont d'une tendre indépendance, et elles ne sauraient sauver Theodore. Quelqu'un dans ce monde est-il un jour né pour sauver Theodore ?

Le sauver d'une tristesse infinie, d'une constellation de malheurs. De l'imprudence de ses sentiments, de la volatilité de son effrayant masque d'indifférence. Si seulement, si seulement il essayait d'étirer un peu ses lèvres, de creuser un peu ses joues. (Qu'il se souvienne que maman lui disait si souvent comme il avait de jolies fossettes.) Un murmure, pas plus haut que le silence. Celui qu'on lui rapproche de briser parce qu'il ne sait supporter tous les reproches que le silence lui fait. « Verseau. » Tove, lui, est taureau. Theodore s'en souvient. Theodore ne dit pas qu'il s'en souvient.

« Arrête de me toucher, Tove, s'il te plaît. Arrête de faire ça. » Il a dit Tove, au lieu de Winch. Il n'a pas fait exprès. Il aurait voulu dire Winch, mais il s'est trompé. Il regrette. Pour ne pas pleurer lui-même, parce qu'il a un peu mal, quand même, des mots de Tove, il écoute les étoiles pleurer à sa place.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Mar 28 Avr - 10:42

Verseau, il souffle, et Tove n'est pas bien sûr de l'avoir entendu, au départ. Parce que sa voix n'est que l'ombre d'un murmure, et que c'est tellement improbable qu'il lui réponde, qu'il pense un instant l'avoir inventée, cette réponse. Il regarde quand même. C'est difficile à trouver, le Verseau. C'est pas des étoiles qui brillent, beaucoup. Ça va bien à Theo, il suppose. Tove a toujours voulu inventer une constellation : c'est joli, une constellation. C'est comme un jeu, où on relie les points pour faire un dessin.

Il ne s'est toujours pas retourné vers Theodore, quand celui-ci parle de nouveau. Il dit arrête, deux fois. Il dit s'il-te-plait, et sa voix cassée ressemble bien trop à une supplication. Et il dit Tove, aussi, pas Winch, et c'est comme si il parlait dans une langue étrangère.
Tove hausse les épaules.

« D'accord. »

Il n'a pas envie de toucher Theo. Il le fait quand même, par habitude, par petite vengeance mesquine, comme si chaque contact compensait les mots. Oh, il le voit, le malaise de Theodore. Il le voit se crisper, sursauter, il voit son regard glisser sur lui sans jamais s'y accrocher comme si Tove était quelque chose d'insoutenable à regarder. Lui regarde toujours Theodore dans les yeux, comme un défi. Comme si en regardant plus longtemps, il allait finir par trouver.

« Je la trouve pas, ta constellation. » il ment. Il vient de le voir, le Verseau, il a toujours eu l’œil pour ce genre trucs. « C'est peut-être pas ton jour. »

A en croire la gueule qu'il tire, tout le temps, c'est rarement son jour.

Il se retourne finalement vers Theodore, après avoir avalé une nouvelle bouffée d'air froid. Tove déteste ça, le froid. Il n'est jamais plus heureux que sous un soleil de plomb, ou sous une couette, et pourtant il se retrouve bien trop souvent loin de tout ça. Sa main oscille près de sa poche, hésitante. Tove ne fume que lorsqu'il est stressé. Tove fume beaucoup trop. Ce soir là n'aurait pas du se passer comme ça. Le destin, il l'emmerde, Tove, et surtout, il emmerde Theodore Nott.

« Tu peux t'en aller, si tu veux. Tu vas peut-être réussir à trouver un endroit sans moi. Y en a plein. Ou sinon tu restes là, et on continue à se regarder les yeux dans les yeux. » il finit par tirer le paquet de cigarettes de sa poche. En sort une, et la tend à Theodore. « Tiens, t'en veux une ? » Sourire angélique. « Ça cachera l'odeur. »

Au final c'est peut-être un jeu, cette histoire d'odeur. Un nouveau truc qu'ils ont trouvé, à Serpentard, pour se moquer des élèves nés de parents moldus. Ils en inventent de nouveaux tous les jours. Le sang impur, et l'odeur maintenant. Tove a un petit rire, encore. C'est pourtant pas ce qu'ils disent, certains soirs, quand ils murmurent dans le creux de son cou.
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Serpentard • Cinquième année ─
MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Mar 28 Avr - 12:24

Il se sent un peu seul, et un peu ridicule, Theodore, à être ici avec Tove. Il aurait pu – plutôt il aurait dû – partir, faire demi-tour, quitter cet endroit qui ne lui veut que du mal. Chercher un autre lieu dans Poudlard, pour regarder les étoiles. Parce qu'il y en a d'autres. Pas des comme celui-ci, non, pas un où l'on voit les étoile avec une telle splendeur. Mais tout de même. Des où l'on ne voit pas Tove. Et pourtant, finalement, ça n'aurait rien changer, parce que pour Theodore, l'homme qui regarde les étoiles, c'est Tove, ce n'est pas lui, alors quand il regarde les étoiles, il pense à Tove. Tove ment, il n'y en a pas tant, des endroits où il n'est pas là. Pas pour Theodore. Plus pour Theodore. Tove est là quand il y a du Quidditch, quand il y a un Poufsouffle, quand il y a un préfet, quand il y a des étoiles, quand il y a un chat. Tove est trop souvent là.

Theodore prend une cigarette, et l'allume en la touchant de sa baguette, fait de même pour celle de Tove. S'en rapproche donc sensiblement, consciemment. Un instant, il se demande si finalement, cette proximité ne luit fait pas du bien. Puis il éloigne cette pensée le plus loin possible de lui. Il y réfléchira plus tard, peut-être. « Elle est pas si terrible, ton odeur, Winch. Je devrais pouvoir supporter ça. Pour les étoiles. » Absurde précision. Theodore s'approche du télescope.

Il glisse son œil devant la lentille, sans rien faire bouger. Face à lui, au centre de son champ de vision, la constellation de Verseau brille. Faiblement, mais elle brille. Theodore émet un bruit étrange. Sûrement un petit rire, mais ce n'est pas simple à définir. Ça ne doit pas être très joli à entendre, pour les autres. Pour juste Tove en fait.

Il bouge un peu le télescope, juste pour mieux voir ce qu'il veut voir. En même temps, il pense un instant. Si sa constellation est visible, ce n'est peut-être pas un si mauvais jour. Qui sait, après tout ? « Aldébaran est cachée par la lune. Ce n'est pas commun, en automne. Sûrement le signe d'un virage inattendu. » Ces choses là, Theodore n'y croit pas, pas vraiment. Mais il aime bien lire, apprendre sur le sujet. Parce que parfois, c'est rassurant de s'y accrocher. « La lune brille beaucoup et Mars est éteinte. Une nuit rassurante, mais peut-être agitée. Je n'ai jamais bien su lire la lune. »

Theodore se recule enfin, pour fumer vraiment sa cigarette. Ça ne sert à rien, les poumons sont toujours contractés. Comme s'il ne s'y attendait pas. Comme si remplir le vide de quelque chose de fumeux allait transformer l'en-dedans de Theodore en quelque chose de palpable. Dérisoire illusion. Il relève les yeux au ciel, incertain de ce qu'il va y trouver. Comme si les étoiles, ce soir, c'était liguées pour lui faire comprendre. Pour lui dire d'arrêter, à Theodore, de croire que vivre dans les étoiles, c'est la seule vraie manière de vivre. Pour lui dire qu'en bas aussi, il y a une vie, et que dans cette vie de l'en bas, il est un raté, alors qu'il a tous les moyens pour être autre chose.

Theodore pointe un doigt vers le ciel. « Comment s'appelle-t-elle, celle là-haut, qui brille si fort ? Je ne l'avais jamais remarquée. » Il a peur, un peu, Theodore, qu'elle porte un nom triste, cette étoile qui brille ce soir, mais qui sûrement demain, comme hier, aura perdu son éclat. Il a peur que son nom ne ressemble de trop près à Theodore.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Mar 28 Avr - 15:13

Tove a toujours trouvé ça drôle, d'allumer ses cigarettes avec une baguette. Ce simple geste, qui confère un brin de bizarrerie à quelque chose de si ordinaire. Y a rien d'ordinaire, avec Theo. Tout ce qu'il fait est incompréhensible. Il dit vouloir partir, et il reste. Il dit de pas vouloir le toucher, et il s'approche pour prendre cette stupide clope, en frôlant les doigts de Tove en passant. Il lui dit qu'il fera avec, l'odeur. Tove ne comprend rien à rien. Il rit encore, frustré. Ne touche pas à la cigarette, la laisse se consumer entre ses doigts immobiles.

Un virage inattendu, hein ? A quoi il joue, le Teddy, à lire dans le ciel des présages qui n'existent pas ? C'est Tove, qui est censé être le mec mystique, d'eux deux. C'est lui qui est censé raconter n'importe quoi pour meubler le silence, parler d'étoiles qui s'alignent et de signes cosmiques. C'est à lui de déballer de toutes pièces un horoscope, et c'est à lui qu'on dit de ne pas croire à toutes ces conneries.

« Me dis pas que tu y crois, à toutes ces conneries ? » il se passe la langue sur les lèvres, dévisage Theodore d'un air amusé. « J'te pensais pas du genre à lire le ciel. »

Theodore est trop sérieux, trop terre à terre pour lire le ciel, pas vrai ? Même si ce moment, terriblement ordinaire, lui rappelle à quel point lui aussi aimerait vivre au milieu des étoiles.
A vrai dire, Theodore n'a jamais eu l'air d'être né sur terre. Theodore a l'air d'un noyé, un naufragé qu'on a balancé en pleine mer et qui ne sait pas nager. Tove a souvent cette impression, en le regardant. C'est silencieux, un noyé, pas comme dans les films. Un noyé, ça n'a aucune rage. C'est muet, invisible, ça tente tant bien que mal de garder la tête hors de l'eau, mais immanquablement, ça coule. Tove est terrifié à l'idée de couler. Et il a peur, de plonger lui aussi si jamais il daigne tendre la main à Theo.

Il est proche du Serpentard : trop proche pour tenir sa promesse de ne pas le toucher. Il n'y est pas encore, pour l'instant, il gravite autour de lui, à distance de sécurité. Il a envie de tendre la main et d'arracher la cigarette de ses lèves. Ça ne lui va pas. Il hausse les épaules.

« Je sais pas. Procyon, peut-être. Ou Bételgeuse. »

Il n'a même pas regardé ce que montrait Theodore. Il dit n'importe quoi, au hasard, et il ne sait même pas pourquoi. Peut-être que pour une fois Tove n'a pas envie de faire un effort.

« C'est les centaures, qui lisent l'avenir dans les étoiles, non ? » il souffle de l'air chaud sur ses doigts engourdis, du bout des lèvres, la cigarette tout à fait oubliée. « Ça doit être cool, d'aller là haut, non ? Un jour j'irai. P'tetre que si tu lèves la tête tu verras ma fusée. »

Et un nouveau sourire candide.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Mer 29 Avr - 0:32

Bien sûr que non, il ne croit pas à tout ça, Theodore. Il ne croit pas au destin, aux prédictions, aux rêves qui se réalisent, ni aux porte-bonheurs et à la malchance. il croit qu'on a ce qu'on cherche, ce qu'on mérite et puis c'est tout. Il croit aux étoiles, il croit au fait qu'elles ont quelque chose à lui dire, mais il croit surtout que ce quelque chose, il n'y a que lui pour l'inventer.

Theodore est persuadé de ne pas pourvoir se mentir tout à fait. persuadé d'être guidé, toujours, par une once de lucidité. Ce n'est peut-être pas tout à fait faux, et c'est justement cela qui fait mal, parce que cette vérité, il préférerait ne pas la côtoyer. Il préférerait un vrai silence, pas de ces silences qui lui disent ses défauts à l'oreille. Il manque de courage pour toutes ces choses, pour cette prise de conscience. Il manque de courage pour dire tout haut la vérité, vraiment, telle qu'il la voit, alors il l'a fait dire aux étoiles de la manière la plus détournée possible. Il n'est même pas sûr de se comprendre lui-même. Ce serait plus simple de demander aux étoiles de susurrer à l'oreille de Tove comme il regrette, comme il voudrait s'excuser. Comme il ne s'excuse pas lui-même, et comme il ne comprend pas ce qu'il est. Dire à Tove qu'il voudrait que tout redevienne comme avant. Qu'il se sent triste, le soir, lorsqu'il doit contempler le ciel seul. Qu'il est temps pour lui de sortir la tête de l'eau. Qu'importe l'effort que cela demande. Mais les étoiles se font muettes, aussi muettes que Theodore.

« Je crois que c'est cool, oui. Je suis sûre que la lune a plein d'histoire à raconter. » Comme maman. Une sorte de maman de substitution. Quelle belle idée. « Quand j'étais gosse, j'étais tout petit. Encore plus que maintenant. Ma maman me disait pour me consoler que la bonne taille, c'est les pieds par terre. Mais la vraie bonne taille, c'est la tête dans les étoiles, rien d'autre. »

C'est la seule vraie chose qui le fait rêver, Theodore, le ciel. Le reste, c'est bien trop terre à terre. C'est intéressant, captivant, même, parfois. Mais ça ne fait pas rêver. Il n'y a pas l'étincelle, l'éclat pour faire briller ses yeux, ses yeux trop mornes qui ne veulent plus briller. Theodore, le dernier virage brusque qu'il a vécu, ça a éteint sa lumière. Alors il cherche un nouveau virage pour la rallumer. Il a un peu peur dans le noir. Mais juste un peu. Il se savait muet, voilà qu'il est aveugle. Il cherche une main pour se guider.

Une main plus grande que la sienne, pour qu'elle soit un peu rassurante, et un peu chaleureuse, qu'il soit heureux de la trouver. « Dis... Tu penses qu'il y aurait deux places, dans ta fusée, Winch ? » Il est revenu à Winch. Il n'a pas encore la force de dire Tove s'il y prend garde. Mais c'est un Winch plus doux, plus délicat. Comme un petit bout de velours. Un peu de velours au milieu de sa nuit d'éraflé.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Mer 29 Avr - 22:51

C'est familier, trop familier même. C'est exactement comme ces soirées, avant, passées à regarder les étoiles. Theodore souriait beaucoup plus, à l'époque. Et son sourire à lui, à Tove, était beaucoup plus sincère que celui qu'il offrait, maintenant. Le sale hypocrite. Tove ne veut pas que ce soit comme avant. Il déteste que Theo fasse comme si de rien était, comme si il pouvait réparer aussi facilement tout ce qu'il a brisé entre ses doigts.

« T'as besoin d'une fusée toi ? C'est qu'une question de temps avant qu'ils viennent te chercher, en soucoupe volante. » il a un sourire, qui lui fait plisser le nez. « Les gens de ta planète. »

Ouais, peut-être bien qu'il est en train d'insinuer que Theodore est un alien. Mais au fond, c'est une explication plausible. Sinon, il voit pas comment expliquer tout ça. L'évitement, puis les insultes, puis là, maintenant, ces paroles. La douceur, dans cette dernière question, presque fragile, qui ressemble beaucoup trop à Theodore, mais qui paraît de sa bouche comme une langue étrangère.
Tove, ça lui ferait plaisir, de rencontrer un alien pour de vrai.

Il respire un grand coup, et c'est difficile. Un peu comme si l'air était liquide autour de sa tête. Il se tourne vers Theodore, sourcils froncés, comme si il hésitait. Et finit par ouvrir la bouche.

« Dis, Theodore, pourquoi- »

Sa voix s'étrangle dans sa gorge. Alors il se tait. Il a très envie de dire qu'il est fatigué. Qu'il a envie d'aller se coucher. Mais il ne le fera pas, parce que quand Tove dit qu'il va se coucher, c'est toujours un mensonge. Il y a toujours des choses à faire, des cours à relire, et même quand il ira finalement dans son lit, ce sera pour fixer les petites étoiles fluorescentes au plafond. C'est plutôt drôle, comme rituel. Depuis sa première nuit à Poudlard, il en a besoin, de ces étoiles. Tous les ans, il les accroche dans son nouveau dortoir, juste au dessus du baldaquin, avec une application maniaque. Les gars de son année trouvent ça drôle, depuis le temps. Se moquent gentiment de son acharnement à ce que chacun des bouts de plastique soit à sa place.

A la place, il reste là, sur le balcon. Il retourne vers la barrière en frôlant Theodore au passage- mais il ne le touche pas, il a promis. Et puis il se penche, sur la pointe des pieds comme si il voulait s'envoler.

« Moi je pense que la lune, elle s'en fout de nous. On raconte n'importe quoi sur son compte, et puis on casse tout ce qu'on touche. Alors p'tetre qu'elle a des histoires à raconter, mais on saura jamais. »

Puis Tove se met à rire, parce qu'au final c'est peut-être ce qu'il sait faire de mieux. Avant de s'interrompre, d’écarquiller les yeux et de faire un « o » avec sa bouche, mains crispées sur la balustrade.

« Tu l'as vue ? L'étoile filante ! Fais un vœu, vite ! »
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Jeu 30 Avr - 14:38

Un alien ? Peut-être, oui. Peut-être que Theodore n'est terrien que d'adoption. Que maman est allé le chercher dans les étoiles et l'a fait passé pour un petit garçon comme les autres, lui qui n'est comme personne, même pas tout à fait comme lui-même. Peut-être que Theodore, c'est un extra-terrestre et ce serait pratique, parce que ça lui permettrait d'expliquer beaucoup de choses. Au moins, il aurait une excuse, une petite pensée pour se dédouaner de toutes les autres grandes pensées. Peut-être qu'il pourrait se passer des épinards au dîner, ainsi, et ne manger plus que des arcs en ciel. Ce serait bien meilleur.

Ça expliquerait aussi pourquoi il ne parvient pas, Theodore, à comprendre les gens en général, Tove en particulier. Parce que les autres, tous ces autres, entre eux, ils ont l'air de se comprendre, au moins à peu près. L'idée générale. Theodore, lui, ne saisit pas. Il n'a pas le même humour, pas la même culture, pas les mêmes passions. Parfois, même, cette sensation de ne pas parler la même langue. De ne comprendre leurs paroles que de manière très lointaine, brouillée. Comme si rien ne lui était adressé. Cependant, peut-être est-ce le cas. On se lasse vite de parler avec Theodore, incapable de saisir sa manière d'envisager les choses, de suivre sa logique. On lui demande l'heure, il répond jaune, et quand on lui demande pourquoi jaune, il répond que c'est parce qu'il est bientôt minuit, que minuit a des reflets jaunes. C'est clair, pourtant, dans l'esprit de Theodore.

C'est aussi clair que les histoires de la lune. Pourquoi Tove ne les entend-il pas ? Est-il sourd, ou est-ce qu'il n'écoute pas avec assez d'attention ? C'est étrange. Il suffit pourtant de tendre l'oreille, de lui dire, à la lune, qu'on veut bien l'écouter pour qu'elle daigne parler. Même si on case un vase et le reste du monde entier avec ce vase, la lune parlera toujours, non ? Ou peut-être que Theodore vient d'un peuple qui sait parler aux astres. Que de la planète lointaine dont il vient, on apprend aux jeunes enfants, aux bébés même, que la lune a plus de choses à dire qu'un ministre de la magie. Ce genre de choses que l'on n'apprend plus aux élèves aujourd'hui, parce que, sûrement, on les croit trop bêtes pour comprendre. Ils ne sont pas trop bêtes, pourtant, mais si on ne prend le temps de leur expliquer... Et quand Theodore veut le faire, on le prend pour un fou. Alors il abandonne et il garde ses secrets cosmiques au chaud, dans la poche intérieur de sa veste, rien que pour lui. Et il fait le silence sur ses vérités, ses seules vérités, dont les autres ne veulent pas. C'est peut-être pour ça, qu'il se goberge dans d'immenses mensonges. Les mensonges, les autres, ils les acceptent mieux.

Les autres préfèrent la haine de Theodore plutôt que ses discussions avec la lune. Que c'est triste, il trouve, Theodore.

Et puis cette étoile, cette étoile filante qui tord les yeux de Tove. Quand Theodore lève les yeux, c'est trop tard. Pourtant, il fait vœu, quand même, un vœu rien que pour lui, rien que pour ce soir. « Tu en as fait un ? », il demande, curieux. Theodore, il souhaite qu'on lui accorde cette soirée, rien que cette soirée pour être un peu heureux, pour faire comme avant, pour faire comme si de rien n'était. Pour regarder les étoiles, et puis sentir la douce odeur de vanille de Tove. « Ton horripilante odeur de vanille, c'est du parfum, ou c'est naturel ? Je me posais toujours la question, avant. » Avant, le mot est dit. Theodore admet l'avant, admet l'après. Il ne dit pas encore que la rupture entre ces deux temps, elle n'est due qu'à lui, mais peut-être que si la nuit continue, si elle dure assez longtemps, il saura poser ses excuses aux pieds de Tove, et se retirer avec assez d'humilité pour ne plus baigner dans la honte. Mais les nuits, celles de Theodore, n'ont jamais duré assez longtemps. jamais. Toujours le jour reprend la place, redemande son dû, sans demander l'avis de Theodore. Alors Theodore fait avec. tant pis.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Jeu 30 Avr - 16:27

Quand Theodore lui pose la question, il éclate de rire. Un vrai rire, cette fois, parce que franchement, c'est trop drôle, cette histoire de vanille. Ça ne devrait même pas le faire rire. Peut-être même qu'il devrait se vexer. Mais non, il trouve juste ça marrant, et un peu mignon, aussi. Mignon, c'est pas un adjectif qu'il associerait à Theo, en première approximation.

« Ce serait bien, que ce soit naturel. Mais nan. C'est mon shampoing. T'aimes pas ? »

Ça ne l'étonne même pas, que Theodore n'aime pas. On peut pas aimer la vanille en étant aussi amer.
Y a la cigarette qui se consume entre ses doigts sans qu'il l'aie porté une seule fois à ses lèvres. Ça commence à brûler un petit peu. Peut-être qu'il regrettera plus tard, d'en avoir gâché deux, quand il en aura vraiment besoin, et qu'il aura des traces rondes et rouges sur les phalanges. Pour l'instant, ça ne le dérange pas.

« J'te dis pas ce que j'ai fait comme vœu. Sinon après ça se réalise pas. Tu devrais le savoir. »

Ça aussi c'est encore un mensonge. Tove est toujours le premier à voir les étoiles filantes. Déjà gamin il gueulait en courant partout dès qu'il en voyait une, harcelant sa famille entière pour qu'ils fassent des vœux. Lui-même n'en fait jamais. C'est pas qu'il n'y croit pas, ni rien, juste qu'il n'a jamais d'idée. C'est drôle, non ? Il y a pourtant plein de trucs que Tove voudrait. Devenir astronaute, avoir ses examens, ne plus jamais avoir de points noirs. Mais une fois devant l'esquisse d'un trait dans le ciel, il devient muet.

Il se perche de nouveau sur la barrière, les pieds frôlant le sol. Cette fois au lieu de faire face au parc, il lui tourne le dos, et il dévisage Theodore avec intensité. Theodore l'extra-terrestre. La pensée le fait rire, encore. Si il n'y prend pas garde, il va finir par se faire enlever à bord d'une soucoupe volante, pour rejoindre son peuple, et Tove ne le verra plus jamais. Il se demande si ça le rendrait triste. Peut-être. Mais peut-être que ce serait mieux pour tout le monde.
Tove réfléchit un instant avant de se décider. Et puis finalement décide de dégainer un sourire lumineux. Un sourire assez grand pour qu'on le voie depuis la lune.

« Dis, Teddy, c'est quoi ton problème ? Pourquoi tu fais semblant de ne pas me détester ? Tu sais, je suis un peu trop bête pour comprendre. Tes signaux contradictoires. C'est frustrant. »

Tove en a marre, de danser. Tove veut crever l’abcès, sans annonce et sans anesthésie.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Jeu 30 Avr - 17:57

Il ne dit pas qu'il aime bien, Theodore. Qu'il aime trop, peut-être même. Il ne le dit pas, parce que Tove ne lui en laisse pas le temps, et même s'il avait eu tout le temps du monde, c'est le courage nécessaire à le dire qui ne lui serait pas venu. Alors il vaut mieux passer à autre chose. Oublier cette dérangeante question, à laquelle il tient pourtant tellement. Il aurait bien aimé, Theodore que ce soit naturel. Il aurait trouvé ça joli. Mais il trouve ça amusant, aussi, ce type qui use du même shampoing depuis bientôt dix ans.

Tove et Theodore sont deux enfants perdus dans un monde trop grand pour eux, et au bout du chemin, il n'y a pas de maison en sucre. Juste un panneau, pour dire de faire demi tour. Et de recommencer.

Il sait, Theodore, pour le vœu. Il sait aussi que Tove croit aussi fort que lui à ce genre de chose, enfin il pense le savoir, alors il se demande si il en fait réellement, des vœux, Tove. C'est ce genre de garçon qui obtient ce qu'il désire par acharnement, force de caractère, pas par chance, dans l'attente. Pas en faisant un vœu parce qu'une étoile passe dans le ciel, ou qu'il est vingt-deux heures vingt-deux, ou qu'il trouve un trèfle à quatre feuilles. Tove n'est pas de ceux qui ont besoin de ça. Il a besoin de lui-même, de ces deux mains, de sa tête.

Mais ça ne suffit pas. Parce que malgré cet acharnement, malgré cette volonté de savoir, il ne comprend pas Theodore, Tove. Il n'arrive pas à le comprendre.

C'est qu'ils ne sont pas fabriqués pareils, ces deux-là. Pas les mêmes horlogers, pas les mêmes mécanismes. Si l'on met les rouages en contact, nécessairement, ça ne peut que coincer. Ça grince, ça s'effrite, ça refuse de fonctionner correctement. A un moment, il n'y a plus d'autre solution : ça se brise radicalement. Assez, peut-être, pour que ce ne soit plus réparé. Il faudrait, pour faire comme si de rien n'était, trouver des mains de maître, toute prête à s'écorcher.

Theodore tire une dernière bouffée sur une cigarette éteinte depuis un moment déjà. Frustration. Le regard de Tove est violent, douloureux, de par sa sincérité. Il n'est plus question d'étoiles, entre ces deux enfants cassés. Il est l'heure de reposer les pieds sur terre, pour dire ce qu'il est dur de dire, le dire malgré tout, malgré tout ce que l'on souhaiterait cacher. « Mon problème ? » C'est amusant, risible, plutôt. C'est ce mot, ce mot-là exactement, dont usait Theodore pour parler de Tove, lorsqu'il a appris, lorsqu'il parlait encore de lui. Son problème à Theodore. C'est le même, rigoureusement le même que celui de Tove. Et ça le dégoûte. « On sait tous les deux que le problème, ce n'est pas ta bêtise, Tove. Mes signaux contradictoires... Je ne vois pas de quoi tu parles. Je suis étrange, bizarre, inconstant, dérangé. Ils le disent tous, dans ce château. Ce n'est pas toi, l'exception bizarre, Tove, c'est moi. » Ça y est, il admet, difficilement. Pour une fois ça sonne vrai. C'est peu commun. « C'est moi le type pas comme les autres. Celui déposé en soucoupe volante. Mais c'est pas facile à admettre, c'est plus simple de rejeter la faute sur les autres, parce qu'on pense alors que c'est eux qui nous font du mal, pas qu'on se fait du mal soit même. Et je suis un Serpentard, moi, Tove, je suis pas quelqu'un de courageux. Je n'ai rien d'autre que ma fierté à cultiver. » C'est peut-être un peu raté.

Theodore reprend son souffle. Il détourne ses yeux de ceux de Tove, il s'appuie contre le muret, regarde le parc, et au loin la forêt interdite. Il aimerait bien voir un Sombral voler, au loin. Il n'y a rien pourtant. Pas même le sifflement délicat d'un oiseau qui aurait oublié d'aller dormir. Il n'y a rien d'autre que Tove et Theodore sur cette haute tour, comme seuls au monde, et puis la lune pour chaperonner l’ambiguïté de ces mots qu'ils échangent. « Tu vois, le problème, pour être plus clair, ce n'est pas ton odeur de vanille ridiculement entêtante. C'est le fait que j'aime cette putain d'odeur, et que j'ai beau faire tous les plus beaux efforts du monde, je n'arrive pas à me persuader du contraire. » Plus clair ? Peut-être pas, non. Pour Theodore, si. Mais Theodore est un alien qui ne parle pas le même langage que tous ces autres qui ne font pas parti de son monde. De son extra-monde, de sa planète à lui. Un autre univers, avec autant d'étoiles, mais cela, rien que ça. Pas tout le reste, tout le surplus. Juste Theodore allongé par terre, à voir les étoiles et la lune, et parfois, traversant son champ de vision, la fusée un peu rouillée de Tove.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Jeu 30 Avr - 19:20

Il ne sait pas à quoi il s'attendait. A ce que Theodore évite la question, probablement. A ce qu'il réponde en énigmes, comme d'habitude, qu'il déverse d'autres bêtises sur la lune ou les vœux qu'on fait sur les étoiles filantes. Pas à ça. Pas à cette explosion brûlante et trop sincère. Mon problème ? Répète Theodore. Et il lui dit tout. Avec des tournures bizarres, certes, des métaphores stupides d'aliens et de soucoupes volantes, mais il dit tout. Et ça devrait le faire rire, Tove, mais cette fois, il ne rit pas. Il n'a rien entendu d'aussi triste de sa vie.
Et il n'est pas aussi stupide qu'il aimerait le faire croire, Tove, malheureusement. Et il commence à comprendre. Et ce qu'il comprend, ça expliquerait tout. Les regards, les insultes, le rejet, l'évitement, et les regards de nouveau. Les signaux contradictoires. Le dégout. Et au fur et à mesure que les rouages se mettent en place, il y a une sorte de choc thermique dans sa poitrine : chaud, froid, chaud. Un peu comme cette sensation qu'il a, si souvent, mais en plus désagréable et en moins prévisible.

Et pour une fois, Tove ferme sa gueule.

C'est peut-être même le plus long silence de sa vie -ou du moins, ça en a l'air. Parce que ce genre de silence est insoutenable. Ceux qui nous obligent à dire un truc, coûte que coûte, sans quoi on a l'impression d'exploser. Et le seul truc, pathétique, qui franchit les lèvres du Poufsouffle, c'est :

« Ah. »

Un « ah », ça ne fait jamais avancer les choses. C'est probablement le truc le plus nul qu'il ait dit depuis le début de cette longue soirée (et d'ailleurs, depuis combien de temps elle dure, cette soirée?). Mais il faut croire qu'il y a toujours de la place pour faire pire.

« Je me rappelle plus la marque. Du shampoing je veux dire. Ils le vendent, à Pré-au-lard. Si tu veux. »

Là, si il pouvait trouver un trou pour s'enterrer, ce serait cool. N'importe quoi pour abréger ses souffrances. Mais il continue, s’emmêle et bafouille, parce que si il s’arrête, il sait qu'il devra rebondir sur ce qu'a dit Theo. Il sait qu'il devra faire semblant de comprendre ce qu'il a voulu dire, et qu'il va finir par faire une connerie monumentale.

« Mais je pense pas que ce soit ton genre, à la base, c'est un shampoing pour les filles. Tu sais j'ai jamais su pourquoi tous les shampoings qui sentent bons sont au rayon fille dans les supermarchés. Tout le monde aime les gens qui sentent bon. » et Tove a un besoin terrible d'être aimé. « Y a rien de mal à aimer l'odeur de la vanille, ça sent foutrement bon, y en a même qui disent que c'est aphrodis- »

Ferme ta gueule, Winch, ferme ta putain de gueule.
Il se tait, il respire un peu trop fort, même que pour peu, il s'étoufferait sur son propre oxygène. Tove, il est pourtant censé avoir réponse à tout. Mais là, il se tait.
Puis il termine, d'une toute petite voix.

« Je t'en veux toujours. »

Même si maintenant il comprend.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Jeu 30 Avr - 20:17

Un instant, un sentiment de haine, de haine intense. Theodore se sent très pale et brulant d'un coup. Il souffre intensément, parce qu'il a cette sensation que Tove vient de lui enfoncer une immense lame d'insouciance dans le ventre. Theodore a envie de pleurer, de hurler. Il tremble, il tremble trop, comme un flot d'insultes muettes qui secouraient son corps. Ensuite il se reprend. Se calme, souffle. Parce qu'il sait très bien qu'il n'a pas le droit d'en vouloir à Tove.

Et surtout pas de lui en vouloir parce qu'il se défend.

Ce n'est pas parce que Theodore ne comprend pas les actions de Tove qu'il doit cracher dessus. Il n'est pas de ceux qui peuvent en vouloir aux gens qui ont d'étranges armures mentales, parce qu'il détient lui-même l'armure la plus tordue et tarabiscotée de l'école, voire du pays. Et on lui a dit assez pour qu'il n'ait pas à en douter. Tove a la sensibilité de ceux qui ont le besoin d'encaisser. Theodore ne peut pas lui reprocher l'une des seules choses qu'ils ont encore en commun.

Et puis un instant, Theodore rit. Pas un éclat de rire, immense, parce que cela il ne sait pas le faire. Il est d'une pudeur inconsciente qui ne lui permet pas les effusions, plus encore si celles-ci se veulent bruyantes. Mais tout de même, si c'est un peu moins que l'éclat de rire, c'est au dessus du sourire, c'est quelque chose à la fois de plus étiré, et de plus sincère. Un rire fin, maigre, presque silencieux. Et qui s'éteint si peu après avoir commencé que l'on eut pu croire, en l'entendant, avoir rêvé. Une constellation sonore qui aurait oublié de briller. Qu'il se la garde, sa vanille, elle n'appartient qu'à lui, personne ne songerait à lui voler, certainement pas Theodore. Cette odeur ne va qu'à Tove, de toute façon. Les autres qui usent du même shampoing doivent être bien ridicules.

Theodore rougit un peu, quand Tove parle d'aphrodisiaque. Il se sent un peu mal à l'aise, à cause du mot lui-même et du fait de rougir, alors il espère que la nuit suffit à cacher ce malaise. Un instant, il en veut même à la lune de le montrer et d'exhiber par sa lumière toute sa faiblesse de caractère. Theodore ne sait pas y faire avec les autres êtres humains. Il est terriblement maladroit. C'est ce garçon malhabile qui se met dans les coins des salles pour qu'on ne le voit pas trébucher, cet enfant malingre qui parfois à cette sensation de n'avoir plus la force de se porter tout seul, qu'il s'agisse du poids de ses os ou du poids de ses sentiments.

Malgré cette faiblesse, il prend un instant pour puiser en lui tout son maigre courage. À l'intérieur ce sourire triste en songeant comme il n'aurait jamais pu être un Gryffondor. Il se souvient du Choixpeau, qui avait pris la peine de lui dire que Gryffondor n'était pas faite pour lui. Comme s'il avait alors eu le besoin qu'on lui dise ce qu'il ne savait déjà que trop. Mais il puise aujourd'hui dans le trop peu de reserve qu'il a encore pour encaisser les cinq pauvres petits mots de Tove. Frappant tout autant de violence que de réalisme.

Il ne s'agit plus pour Theodore de dire non de manière inconsciente à la vérité. Plus maintenant.

« Moi non plus. » Theodore n'en dit pas plus. Il ne dit pas s'il n'a pas pardonné à Tove son homosexualité, ou le fait d'avoir contraint Theodore à s'empêcher de se mentir indéfiniment, à s'admettre la sienne. Ou bien si c'est à lui-même qu'il n'a rien pardonné. Ni son incompréhension, ni la violence de ses actes et de ses propos, ni son éloignement de Tove. Ni sa propre homosexualité.

Il espère simplement que Tove n'est pas trop rancunier. Un filin d'espoir, comme ça qui, depuis le début de cette étrange nuit, semble s'insinuer de plus en plus en lui. « C'est la vraie lune, dis, Tove ? Au dessus de nous. » Encore ses étranges messages codés, comme un enfant caché derrière un arbre pour l'être pas pris en faute. Theodore n'a juste pas les bons mots pour demander s'il est ou non en train de rêver cette nuit de répit,ce repos accordé par ses choix de tourmenté.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Ven 1 Mai - 10:23

C'est magique de dire la vérité. En l'espace d'une minute, Theodore montre plus d'émotions que Tove ne lui en a prêté pendant, quoi, six ans ? Six ans qu'ils se connaissent, et Tove a l'impression de l'entendre rire pour la première fois. C'est un rire un peu creux, que le rire de Theo, c'est pas très joli. Mais c'est un début. Peut-être que Tove pourrait lui apprendre à rire. A sourire aussi. Il manque cruellement d'exercice. Tout est une question d'exercice.
Theodore rougit aussi. Son visage baigné de lune change de couleur. Ça lui va bien. Peut-être que ce qui lui faut, c'est un peu de couleurs, au fond. Deux trois rayons de soleil, et hop. Peut-être qu'avec du soleil, Theo aurait l'air plus heureux.
Tout à son relooking mental, Tove veut s’empêcher de penser. Mais ça ne marche pas. Y a toujours des questions qui reviennent. Savoir si c'est lui, le problème, ou ce qu'il représente. Ces regards, là, ils sont juste pour lui ? Cette idée le terrifie.

Et il continue de parler en énigmes. Tove est fatigué de répondre à des énigmes. Il croit comprendre ce que Theodore veut qu'il lui réponde, et il lui répond exactement l'inverse.

« Nope. La lune en fait ça existe pas. C'est ce que le gouvernement essaie de nous faire croire. »

Spécialité de la maison. Un concentré de n'importe quoi étalé sur une tartine de mauvaise foi. Indigeste, mais servi avec le sourire, comme toujours. C'est pratique, de raconter n'importe quoi. Il n'y a pas d’énigme, dans ce cas là, pas de sens caché, juste l'exaspération des gens qui écoutent.
Tove glisse de la barrière pour atterrir sur le balcon ; sans frôler Theo, cette fois, même si c'était juste pour rire. Il va au bout du balcon, sort sa baguette et déverrouille le cadenas de la grande armoire, celle où sont rangés les cartes du ciel. En sort une grande feuille vierge et deux crayons de papier, avant de revenir, s'asseyant en tailleur au milieu du balcon.

« Tu m'aides ? A construire ma fusée. Ça risque de mettre un peu de temps alors je préfère prendre de l'avance. »

Et sans attendre de réponse, il déploie la feuille devant lui et commence à dessiner la fusée la plus laide de l'histoire de l'humanité. Une sorte de dessin d'enfant exagéré, à la fois trop arrondi et trop pointu. Sur les marges, il rajoute quelques étoiles. Et avec une voix bien trop sérieuse d'enfant qui joue, annonce à haute voix tous ses aménagements.

« Là on va rajouter des hublots. Il faut plein de hublots. Pour regarder les étoiles. Et puis là, une salle de bain. Au milieu, c'est le plus important, c'est la salle des commandes. Est-ce qu'on rajoute un siège pour Theodore Nott ? » seulement alors il lève les yeux vers le Serpentard, fait mine de réfléchir. « Je sais pas si ça rentre dans le budget. »

Cette nuit Tove refuse d'être responsable. Il refuse de poser les questions qui faut, parce que ce sont aussi les questions qui fâchent. Et puis Tove il a pas envie de se fâcher. Il ne sait même pas si il en est capable.
Il n'a pas pardonné à Theodore, et Theodore ne lui a pas pardonné non plus. Ça lui est égal. Il a toute la nuit devant lui. Et il n'est pas obligé de le rajouter, ce foutu siège.


hrp:
 
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Sam 2 Mai - 22:28

Theodore offre à Tove un deuxième sourire. Petit record personnel que tant de sourires en une seule soirée. Theodore n'a pas – plus – l'habitude de se complaire dans ce genre de folie. Comme c'est étrange de se rendre compte que ce n'est finalement pas si dur, pas si douloureux. Que les conneries de Tove lui font du bien, que ses drôles d'idées complotistes et ridicules sont ce dont il avait besoin, au moins ce soir. Et il fixe la lune et il n'a besoin que de lui-même pour se persuader qu'elle est bien réelle, tout à fait réelle. Que les sensations de Theodore ne lui mentent pas. Que ce n'est pas un soir fait pour mentir. Au contraire. C'est un soir où les étoiles, et Theodore, aussi, n'ont que la vérité à dire.

Il regarde l'autre garçon sortir de l'armoire quelques feuilles et il s'approche de lui quand il s'assoit par terre, pour faire de même. Il ne fait pas cela souvent. Au contraire. Si son père le voyait, Theodore ne donnerait pas cher de sa peau. Il n'est pas convenable pour un Nott, un sang-pur de la plus vieille génération, de se faire voir ainsi dans une position dégingandée, ne s'assoit pas par terre, ainsi, en salissant sa cape. Ne fait pas « ami-ami » avec un Poufsouffle, qui plus est au sang si peu respectable. Et aux mœurs aussi peu reluisantes. Mas ce soir, Theodore se moque de ce que son père pourrait dire. Finalement, il n'y pense même pas, il l'oublie. Il parvient presque à oublier tout ce qui lui est déplaisant. Pour un soir, rien qu'un soir, il peu bien se permettre cette tendre folie. Surtout si ça embête son père, finalement. C'est ce que Theodore sait le mieux faire.

Et peut-être qu'en regardant bien les yeux de Theodore, à l'instant, on peut y voir une étoile briller. Parce que Theodore a la sensation d'avoir de nouveau cinq ans. Et c'est si troublant et si agréable en même temps. C'est quelque chose qu'il n'a pas le souvenir d'avoir déjà vécu, Theodore. « Tu oublies que Theodore Nott sponsorise cette fusée. Theodore Nott, l'éminent héritier d'une des plus riches familles d'Angleterre. Alors, il faudra mettre mon nom en gros sur l'extérieur de la fusée, mais je donnerai assez pour un siège de plus. Ils seront moelleux, même ! » Theodore attrape le crayon et trace les lettres de son nom sur le côté de la fusée. Il rajoute un ou deux hublots aussi, et d'un trait bien peu élégant, peu habitué au dessin, il dessine le visage de Tove contre l'un de ces hublots, les yeux brillants. Et dans le ciel, autour, des étoiles, plein d'étoiles. Parce qu'il ne voit pas l'intérêt d'aller dans le ciel si c'est pour qu'il n'y ait pas d'étoile. Autant mettre le sort de son côté en les dessinant dès maintenant. « Je pense qu'il faut la faire rouge, pour qu'elle se voit très fort dans le ciel. Comme ça, si ma famille d'extra-terrestres lève les yeux au bon moment, ils pourront me récupérer. Tu pourras venir en vacances sur ma planète avec ta fusée, une fois que je serai bien installé là-bas. Je te réserverai un transat. »

C'est bizarre comme Theodore trouve ça facile, sur l'instant. Il serait presque prèt à demander pardon. Mais il attend, il attend encore un peu, parce que demander pardon, c'est de nouveau tuer le rêve qu'il est en train de vivre. Il ne le souhaite pas, Theodore. Il veut que tout cela dure très très longtemps. Il a juste un peu peur de la méchanceté dans les yeux de Tove. Parce que s'il avait été à la place de Tove, sûrement y aurait-il eu de la méchanceté dans ses yeux. Il ne peut pas en vouloir à Tove. Il serait bien ridicule, de lui en vouloir.

Est-ce que cela changerait beaucoup de d'habitude ?
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Dim 3 Mai - 8:29

Y a un truc qui s'est allumé dans les yeux du Serpentard, et ça change. Mais c'est un regard fugace, que Tove pose sur son visage. Il ne sait pas bien pourquoi. Il ne veut pas le mettre mal à l'aise, pour une fois. Peut-être qu'il a peur que Theodore prenne feu, si il le regarde trop longtemps.

« Oh, si c'est la grande famille Nott qui paie, dans ce cas ... »

Il ne sait pas bien pourquoi la bravade de Theodore à ce sujet le fait se sentir mal à l'aise. Ça ne le dérange pas, habituellement, de parler de famille. Tove en est fier, de sa famille. Même si du point de vue d'un snob de sang-pur, elle ne vaut pas grand chose. Et même si, non, elle ne serait pas capable de financer la construction d'une fusée. Mais la construire de toutes pièces, à la sueur de leur front, peut-être bien, qu'ils en seraient capable. Ça a toujours été ça, un Winch, après tout.
Tove regarde Theodore dessiner de sa main maladroite, un petit bonhomme à l'un des hublots. Il n'est pas bien sûr de qui ça représente, mais il a l'air heureux. Par élimination, il devine que c'est lui. Curieusement, il sent ses joues brûler.

« Je pense qu'on devrait la faire jaune. Plutôt que rouge. Je pense que c'est plus original, une fusée jaune. »

Ouais, et le rouge, c'est pas sa couleur, à Tove. Pas assez doux pour lui. Lui, il aime les couleurs dont sont faits les trucs sucrés: le jaune, le bleu, le rose. Des couleurs soleil, des couleurs pastel. Peut-être que le rouge, c'est la couleur préférée de Theodore, il se dit. Et ça tombe plutôt bien, parce que là, c'est la couleur de Tove. Et dieu qu'il hait le rouge. Il hausse les épaules.

« Ou orange, dans ce cas. C'est un compromis. Et il paraît que les extra-terrestres voient très bien le orange, à cause des capteurs, dans leurs yeux. Tu sais qu'il y a certains animaux qui voient plus de couleurs que nous ? Peut-être que les aliens, aussi. Peut-être qu'ils ont des couleurs que nous on a pas, avec des noms bizarres. Ou alors c'est le contraire. Peut-être qu'ils ne voient ni le rouge, ni le jaune. »

Il reprend le crayon de la main de Theodore, et dessine n'importe quoi. Une planète, trois lunes, un mouton en combinaison de cosmonaute. Un ovni avec à bord un couple d'extra-terrestres qui pointent la fusée du doigt. La fusée, tellement pleine de hublots qu'elle ressemble à un morceau de fromage. Tove est pris d'un fou rire, soudain. Il lâche le crayon et roule sur le dos, face au ciel, secoué d'éclats de joie silencieux, une main sur le ventre. Comme si c'était la chose la plus drôle du monde. Mais c'est vraiment, la chose la plus drôle du monde ! Et la plus belle, aussi. Allongé comme ça, il voit toutes les étoiles. Le ciel paraît plus clair, un peu. Tove se demande vaguement quelle heure il est. Il n'a pas de montre.
Il lève mollement le bras.

« C'est celle-là, le Verseau. A côté de ton étoile qui brille. Tu l'as peut-être déjà vu, mais bon. » il termine sa phrase en marmonnant.

Il pourrait quasiment s'endormir là, sur le sol dur et froid du balcon.

« Oublie pas la crème solaire, quand t'iras sur ta planète », il murmure, les yeux fermés.

Ben ouais, là bas, y a pas de couche d'ozone pour te protéger.
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Dim 3 Mai - 11:42

Le visage de Theodore se tord un peu. Grande famille Nott. Il est visiblement l'heure de rire jaune, en haut de cette toue d'astronomie. Il y a un truc qui lui fait violence en dedans. Un truc qui n'est pas clair et qui joue de ce flou pour lui faire du mal. Un truc qui s'appelle fierté familiale, ou un nom qui ressemble à ça, et qu'il a du mal à accepter. Disons qu'il accepte parce que c'est ainsi qu'on l'a élevé, éduqué. Mais rien de bien intrinsèque. Sans mentir. Cela ne l'empêche pas de déprécier la moquerie.

« Jaune ? C'est absurde, c'est déjà la couleur de la lune. Il parait qu'elle est en fromage, tu le savais ? Orange, à la rigueur, c'est envisageable. » Theodore en vient à imaginer ces petits extra terrestres aux yeux immenses, presque aussi grand que leur visage, et l'image est plutôt amusante il faut dire. Quelque chose de drôlement ridicule. Et de se dire qu'il en était sûrement, lui aussi, de ces aliens, alors qu'il n'était qu'un brave bambin. S'il avait su qu'il avait été volé, toute sa vie aurait été rigoureusement différente, il n'y a pas à dire. Heureusement que Tove est là pour lui rappeler ses origines, qui prendrait auquel cas le temps de le faire ?

Et alors, Tove se met à rire, un rire immense que doit entendre la lune en ce moment même. Un rire sûrement qui se cristallise dans le ciel pour former une nouvelle étoile. Parce que les étoiles se créent des rires de ceux qui ont encore une âme d'enfant, tout le monde sait cela ! Theodore regarde Tove, fasciné, et sur le moment, il ne le trouve pas juste attirant, comme c'est le cas à l'habitude. Il le trouve beau, sincèrement et purement beau, d'une beauté enfantine face à laquelle Theodore ne saurait rivaliser, avec son corps trop maigre et trop grand, et son âme rachitique pareillement.

Il voudrait tendre la main et toucher Tove pour être sûr que ce n'est pas une illusion qu'il est en train de s'inventer, parce qu'une telle présence lui semble terriblement improbable. Il se retient, au dernier moment, parce qu'il ne se donne pas le droit de briser cet instant.

Theodore lève les yeux pour fixer les deux étoiles, celle du Verseau et puis celle qui brille terriblement. Peut-être que ce sont ses parents. Ils savent qu'il regarde les étoiles, ce soir, alors ils ont allumé un phare pour lui indiquer le chemin de la maison. Theodore ne sait pas bien s'il a su rentrer à la maison, depuis la mort de maman. Ce qu'il lui faudrait, finalement, c'est une vraie famille. Une vraie famille qu'il a eu à Poudlard, il le sait. Il ne tient qu'à lui de la retrouver. Une famille qui lui conseille de ne pas oublier sa crème solaire pour rentrer chez lui. C'est un peu Icare, Theodore, il faut dire. Du genre à se brûler les ailes pour s'être trop approché du soleil. Et du genre à le regretter tout le temps que dure la chute, et du genre à préférer accuser le soleil plutôt que de regarder la vérité en face, plutôt que d'admettre que le fou dans l'histoire, c'est celui qui a cru pouvoir voler avec des ailes faites de cire.

Peut-être qu'il est l'heure, maintenant ? Qui sait. Theodore n'est pas de ces gens qui portent des montres et pensent faire vivre le temps en sachant quelle minute vient de s'écouler. Theodore a plutôt un sablier à pensées dans sa tête et une fois qu'elles se sont toutes écouler, il sait que l'échéance est arrivée, qu'il n'a plus le choix. Qu'il est trop tard pour faire demi-tour. C'est le cas à l'instant. Six ans que ses pensées vis-à-vis de Tove s'écoulent dans son sablier d'en dedans, et là, en quelques minutes, tout a disparu. Le temps est étrange, il se dit, parfois, Theodore. Il coule très vite ou pas du tout, mais jamais à la vitesse à laquelle on souhaiterait le voir couler, ce qui n'est pas très gentil de sa part. « Tu sais, Tove, je crois que je suis désolé. Je veux dire, très sincèrement désolé. » Il croit, Theodore ? Mais il est peut-être temps d'être tout à fait sûr. Le doute, c'est bon pour les premiers temps, vient un jour où il faut s'assurer de tout. On ne peut vivre à n'être sûr de rien. « Je sais que c'est facile dit comme ça, hein, je suis pas tout à fait idiot. Et je sais pas trop comment le dire. Mais si ça peut aider à me faire pardonner, je veux bien en construire mille des fusées. Avec presque pas de rouge dedans. Un peu quand même, jusqu'à ce que tu admettes que c'est joli, le rouge. » Et il se tait, Theodore, et il regarde les étoiles, appuyé sur ses bras. Il se dit que bientôt, il ira se coucher, parce qu'il en a déjà bien trop profité, de la gentillesse de Tove. Il ne faut pas tout prendre en une soirée. Ça tuerait définitivement la possibilité d'autres soirées aussi joli que celle-ci. Et il serait triste de nouveau, alors, Theodore. Il en a un petit peu marre, tout de même, d'être triste !
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MessageSujet: Re: Cosmos ◭ Theodore   Dim 3 Mai - 13:12

Tove a un petit peu le cœur au bout des chaussures. C'est pas le genre de tristesse auquel il est habitué : c'est pas un chagrin d'amour brusque et fugace, un truc qui passe en deux jours. C'est plus une sorte de mélancolie. Un peu de nostalgie, aussi. S'allonger sur le sol et regarder les étoiles, relier les points pour faire des constellations, c'est un truc de gosse trop vite grandi.

« C'est une promesse ? Tu vas vraiment essayer ? De te faire pardonner, je veux dire. Ça a l'air facile dit comme ça. Faut faire attention aux promesses que tu fais. »

Tove lui, ne fait pas de promesses. Il ne les tient jamais, ses promesses, et après, on le traite de menteur. C'est plutôt injuste. Il fait pourtant de son mieux.

« Je t'en veux toujours », il répète, encore une fois, mais un peu plus légèrement, cette fois, comme un secret.

Il a l'impression que les étoiles le jugent. Elles clignotent, exaspérées alors qu'elles commencent presque à disparaître dans la clarté matinale. Mais pour une fois, il ne fait que dire la vérité ! Il en veut toujours à Theodore. Peut-être un peu moins, maintenant qu'il comprend. Maintenant que son regard se pose sur lui, un peu plus librement, derrière ses lunettes rouges. Rouges, rouges, rouges, ce que Tove peut détester le rouge.
Mais Tove n'a pas la rancune durable. Tove sait qu'il ne pourra plus lui en vouloir. Ce n'est qu'une question de temps. De jours, d'heures, de minutes, peut-être. Et cette rancune, elle ne tient qu'à un filet de voix, une autre de ces phrases sur serpentard qui le font rire sans le vouloir. Et peut-être que c'est l'heure, maintenant, de casser ce moment avant qu'il se fane. Avant que le jour se lève, et que Theodore redevienne Theodore Nott. Le temps est le pire ennemi de Tove.

« Je crois que je vais m'endormir, si je reste là. » il roule péniblement sur le coté, regarde Theodore par en bas avec un demi sourire. « J'ai cours de potions en première heure. Je ferai mieux d'être en forme. Si tu vois ce que je veux dire. »

Ce n'est pas que Tove n'a pas l'habitude des nuits blanches. A force d'habitude, son corps se persuade tout seul de ne pas vivre dans un état de fatigue perpétuelle. Mais c'est vrai que les cours de Rogue peuvent être un peu … intenses, quand on a pas dormi.

« Garde le plan de la fusée. J'en ai pas besoin, je l'ai mémorisé. » une pause, pensive. « J'ai passé une bonne soirée. »

Il ne ment pas vraiment, quand il dit ça. C'est une soirée dont il se rappellera, en tout cas, sans bien réussir à décider si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Il se rappellera du regard de Theodore, et de chacun de ses mots, même si il prétendra le contraire.
Il se lève pour partir. Il se penche vers Theodore sans avoir le temps de vraiment réfléchir. Plante un baiser sur le coin de sa bouche, à peine un frôlement de lèvres, un peu trop décentré pour être sur sa joue. Il se rend compte, un peu, que ce n'est pas approprié. Il met ça sur le compte d'un réflexe idiot, et de la fatigue. D'une volonté un peu tardive de mettre Teddy mal à l'aise.
(La joue de Teddy est un peu froide, mais elle est douce. Si vous voulez vraiment savoir.)

Et puis il sourit, décoche le clin d’œil le moins naturel du monde à Theodore, encore assis par terre. Puis, mains dans les poches et tête dans les étoiles, s'en va sans oser se retourner.


hrp:
 
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Cosmos ◭ Theodore

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